Phase 1

Phase 1 du projet : rénovation et mise en valeur des citernes 1, 2 ,3 et 8
Nous décrivons ici que la citerne 1 qui a fait l’objet d’un relevé photogramétrique. Toutes les autres citernes seront décrites dans le rapport de rénovation de chacune d’elle.

Descriptif de l’état actuel de la citerne 1
Cette construction se divise en trois parties : une inférieure constituée du fond, une médiane constituée du corps  et la supérieure formée de la voûte.

Le matériau utilisé est un calcaire se délitant aisément en dalles. Ces dernières sont équarries et disposées en encorbellement ou en tas de charge. Le tout est recouvert de terre transformant la construction en un monticule herbeux émergeant du sol. Ce dernier permet l’identification et la localisation de l’édifice dans le terrain.

vue-du-nord-de-la-citerne
Vue du nord de la citerne
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Vue du sud de la citerne

 

Vue du nord et du sud du monticule herbeux permettant l’identification de la citerne.

La pousse d’un arbre ainsi que les travaux de modernisation de la route qui passe juste devant la citerne, ont fortement contribué à la déstabilisation des éléments calcaires de la porte et de la voûte. Ces facteurs ont déformé la voûte, circulaire à l’origine, et provoqué la chute des dalles situées au-dessus de la porte générant ainsi un trou béant qui fragilise l’édifice.
Pour la réalisation du corps, un mur en pierres taillées de plan circulaire, a été soigneusement monté. Entre chaque élément calcaire, un interstice a volontairement été laissé afin de permettre l’infiltration de l’eau de fond.  A la jonction du mur et de la voûte, on observe à équidistance huit orifices carré de 20 cm sur 20 cm. Ces trous ont sans doute accueillis des poutres en bois soutenant un plancher pour faciliter l’édification de la voûte.

La porte est constituée de quatre blocs de calcaire à section carrée. La base de la porte se situe également au niveau de jonction du corps et de la voûte. L’élément du seuil de la porte comporte les traces de frottement de cordes utilisées pour descendre et remonter les récipients remplis d’eau.

Le fond de la citerne est recouvert d’environ 50 cm de limons fins vaseux transportés par l’eau d’infiltration.  Nous n’avons aucune indication relative au mode d’installation de la citerne. Mais nous pensons que les bâtisseurs ont creusée une fosse dans la couche marneuse puis monté le mur du corps et, par la suite, installé un dallage sur toute la surface du fond, assurant ainsi la stabilité de l’ensemble de la construction et facilitant le curage de la citerne.

Selon les données photogrammétriques, la citerne mesure 4.20 m de diamètre et environ 4 m de hauteur. La construction se situe entre l’altitude de 879m et 882.70m d’altitude. Si ces données permettent de situer l’édifice dans l’espace,  elles n’indiquent pas l’épaisseur de la couche marneuse et ne permettent pas de définir si le corps de la citerne est partiellement ou entièrement inséré  dans la couche marneuse.

Suite à ces observations, de nombreuses questions se posent.
Questions historiques et de construction.
• A l’origine, les 16 citernes d’Epiquerez étaient-elles toutes alimentées par l’eau de fond ? Ou celles situées à proximité d’habitation  étaient-elles alimentées par l’eau de pluie ?
• La construction des citernes a-t-elle été rapidement effectuée ou s’est-elle au contraire étalée sur plusieurs décennies voir de siècles ?
• Etaient-elles des propriétés privées ou publiques ?
• Le même mode de construction était-il utilisé pour les citernes situées près des habitations ?
• La citerne de forme rectangulaire avait-elle une fonction particulière ?
• De quand datent les citernes ? Le plan cadastral de 1854 indique la première mention qui atteste officiellement leur existence, mais en aucun cas la date de leur construction.
• Le mode de construction peut-il déterminer l’ancienneté de chaque citerne ?
• Quelle est la chronologie de construction des citernes ?

Questions géologiques
• Quelle est l’épaisseur de la couche de marne dans laquelle se situent les citernes ?
• Quelle est l’étendue de cette couche ?
• Est-il possible que des constructions modernes, en perturbant cette couche marneuse, puisse faire obstacle à l’alimentation en eau des citernes
• Quelle surface de terrain devons-nous protéger afin d’assurer la pérennité de cette  alimentation en eau ?
• Le fond des citernes repose-t-il sur de la roche ou dans la couche marneuse ?

Pour répondre à ces questions, deux recherches historique et géologique sont nécessaires. La recherche historique permettrait :
– de définir la date de construction des citernes,
– d’identifier le ou les commanditaires,
– d’identifier les bâtisseurs ; était-ce les habitants du village ou des artisans itinérants ?,
– déterminer le coût des travaux de jadis,
Il serait également très intéressant de savoir si les familles habitant actuellement le village d’Epiquerez sont des descendants des bâtisseurs.
La recherche géologique permettrait
– de déterminer les différentes couches constituant le plateau,
– de dater ces niveaux,
– de déterminer et de localiser les divers types de calcaire utilisés.
Ces études contribueront à l’élaboration de panneaux didactiques expliquant la construction des citernes,  leur  datation, le type de couches géologiques qui constituent le plateau d’Epiquerez. La mise en place de tels panneaux renseignera ainsi les touristes ainsi que les écoles.

A gauche, dalles calcaires de la voute disposées en tas de charge. Au centre, la porte déstabilisée. A droite,   partie de la voute écroulée.

A gauche, vue intérieure de la citerne avec l’exemple d’un orifice ayant accueillis l’extrémité d’une poutre. A droite, intérieur du corps de la citerne.

Relevé par photogrammétrie :

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Relevé par photogrammétrie de la citerne 1 démontrant la déformation de la voûte.
releve-2-par-photogrammetrie-de-la-citerne-1
Relevé par photogrammétrie situant la citerne dans l’espace.